L’entrepreneuriat collectif des femmes : quand le financement devient un levier d’impact
Par: Lolita Toche.

Saviez-vous que les femmes sont de plus en plus nombreuses à choisir l’entrepreneuriat collectif pour concrétiser leurs idées et contribuer au changement social ? Coopératives et organismes à but non lucratif, ces modèles d’entreprises, fondés sur des valeurs de solidarité et de démocratie, attirent de plus en plus de femmes qui souhaitent allier impact social et viabilité économique. À l’occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, nous souhaitons mettre en lumière une réalité essentielle : les femmes occupent une place centrale dans l’économie sociale, non seulement comme entrepreneures, mais aussi comme travailleuses, gestionnaires, administratrices et actrices du développement collectif.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les femmes jouent un rôle central dans l’économie sociale québécoise. Elles représentent 62,9 % des personnes salariées, 55 % des administratrices et 64 % des bénévoles. Preuve que ce secteur offre un terreau fertile pour l’implication et le leadership féminins à tous les niveaux.
L’entrepreneuriat collectif offre un cadre propice à la collaboration, au partage des responsabilités et à la conciliation travail-famille, des aspects souvent importants pour les femmes. De plus, il permet de s’attaquer à des enjeux de société qui leur tiennent à cœur, comme l’accès à des services de garde, le développement durable ou l’insertion professionnelle. Ce modèle d’entreprise favorise également l’accès des femmes à l’emploi, contribuant ainsi à l’autonomisation économique des femmes dans leur communauté.

Toutefois, ces projets évoluent dans des environnements parfois marqués par des contraintes structurelles : accès au financement, biais systémiques, réseaux inégaux, normes sociales persistantes. Dans un contexte où l’on parle de plus en plus d’Équité, Diversité et Inclusion (ÉDI), il devient essentiel que ces principes se traduisent concrètement dans les pratiques.
Le financement agit alors comme un levier. Il ne crée pas l’énergie du projet car celle-ci existe déjà dans l’engagement, l’expertise et la vision des femmes qui entreprennent. Mais il permet à cette énergie de se déployer pleinement. Un levier bien positionné peut amplifier l’impact en facilitant l’accès aux ressources au bon moment, en soutenant la consolidation d’emplois durables, en renforçant la capacité organisationnelle et en contribuant à des trajectoires économiques plus équitables. Lorsqu’il est conçu avec une sensibilité aux enjeux d’équité, le financement ne soutient pas seulement des organisations : il contribue à transformer les conditions d’accès aux opportunités économiques.
Au Réseau d’investissement social du Québec (RISQ) et à la Fiducie du Chantier de l’économie sociale (FIDUCIE), nous sommes conscients que chaque décision de financement a des retombées qui dépassent la simple dimension financière. Financer une entreprise d’économie sociale portée par des femmes, ce n’est pas seulement soutenir un projet entrepreneurial. C’est contribuer à la création d’emplois significatifs et à la construction d’une économie plus inclusive. Notre démarche actuelle de mesure d’impact vise à mieux documenter ces retombées. La diversité de notre équipe renforce notre capacité à comprendre les réalités variées des entreprises d’ÉS. Cette pluralité de parcours et d’expériences nourrit une approche sensible aux enjeux d’ÉDI et nous sommes convaincus du potentiel de l’entrepreneuriat collectif des femmes. C’est pourquoi nous soutenons activement ces initiatives porteuses de changement.

En 2025, nous avons financé 47 % de projets d’entreprises collectives dirigés par des femmes, consolidant ainsi notre engagement envers le leadership féminin dans l’économie sociale. Ces projets ne représentent pas seulement des initiatives entrepreneuriales viables, mais aussi des moteurs de changement qui génèrent de l’emploi, renforcent les communautés et élargissent la participation des femmes dans la prise de décisions économiques. Grâce à ce soutien, le RISQ et la FIDUCIE contribuent activement à réduire les écarts structurels d’accès au financement et à promouvoir un modèle économique plus équitable et résilient.
Imaginez un jardin. Pour qu’il prospère, il a besoin de terre fertile, de graines de qualité, de soleil et d’eau. L’entrepreneuriat collectif des femmes, c’est un peu comme ça. Les femmes ont les idées (les graines), le talent (la terre fertile) et l’énergie (le soleil). Mais parfois, elles manquent de ressources (l’eau) et d’un environnement favorable pour s’épanouir. C’est là que le RISQ et la FIDUCIE interviennent, comme un jardinier attentif.

Nous offrons un terreau fertile aux projets d’entrepreneuriat collectif, en leur fournissant du financement (l’eau) adapté à leurs besoins et aux différentes phases de développement de leurs projets.
L’analogie du jardin nous rappelle également l’importance de la collaboration et de la solidarité. Un jardin, c’est un écosystème où chaque élément joue un rôle essentiel. Les abeilles pollinisent les fleurs, les vers de terre enrichissent le sol, et le jardinier veille à l’harmonie de l’ensemble. De la même manière, l’entrepreneuriat collectif des femmes s’épanouit dans un environnement collaboratif.
Le RISQ et la FIDUCIE sont fiers de soutenir les femmes et les autres groupes en quête d’équité qui choisissent l’entrepreneuriat collectif. Nous croyons que la diversité est une richesse et que l’inclusion est essentielle pour une économie sociale forte et dynamique. Ensemble, contribuons à une économie plus inclusive et plus performante
